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Afrique : des smart cities pour accompagner l’urbanisation galopante

Publié le 25 juillet 2019 - Temps de lecture : 6 min -
Provenance : les-smartgrids.fr / 22 mai 2018

Résumé

L’Afrique connaît une croissance démographique exponentielle qui s’accompagne d’une urbanisation galopante. En 2100 la population de l’Afrique devrait atteindre 4,4 milliards d’individus, soit près de 4 fois plus qu’aujourd’hui. Afin de désengorger les capitales, les pays Africains misent sur les Smart cities, ces villes intelligentes qui utilisent les technologies de l’information et de la communication pour améliorer la qualité et/ou le coût des services urbains. C’est par exemple le cas en Egypte, au Burkina Faso et au Sénégal. Le développement de ces smart cities ne pourrait se faire sans l’apport d’investissement privés, d’où des partenariats publics-privés.

Article

Entre 1981 et 2000, la base de la Royal Air Force de Greenham Common a été occupée par 30 000 militantes pour lutter contre l'installation de missiles nucléaires. Les théoriciennes reconnaissent aussi dans ce mouvement ce qu'elles nommeront le reclaim : un geste de réappropriation et de réinvention de la féminité. (Crédit : Ceridwen)

Alors que le continent connaît une urbanisation croissante, de plus en plus d’Etats misent sur les smart cities, ces villes « intelligentes » et connectées assurant un développement durable. Un essor qui se traduit par le succès des partenariat public-privé, seul format à même de concrétiser les ambitions des Etats africains.

En 2100, quatre humains sur dix seront africains. De 1,2 milliard d’habitants, la population de l’Afrique devrait atteindre à la même date 4,4 milliards d’individus. Une croissance démographique exponentielle, qui s’accompagne d’une urbanisation aussi galopante qu’anarchique, remettant en question les choix de développement et d’aménagement des pôles urbains du continent. Comment les mégalopoles africaines de demain pourront-elles absorber sans verser dans le chaos ces nouvelles populations, tout en leur garantissant un confort de vie optimal et durable ?

La réponse tient en deux mots : « smart cities ». Le concept, initialement développé afin de résoudre les problèmes d’urbanisme des villes du Nord, désigne « un espace urbain doté de multiples capteurs de données électroniques afin de générer des informations permettant de régir efficacement les ressources et les actifs ». « La Smart city est une ville avec une économie intelligente, une mobilité intelligente, un environnement intelligent, des habitants intelligents et un mode de vie intelligent », décrypte également dans les pages « Afrique » de La Tribune Raymond Aboki, spécialiste de l’accompagnement des collectivités.

Egypte, Burkina Faso, Sénégal : ces nouvelles villes qui sortent de terre

Aux quatre coins du continent, de nombreuses villes nouvelles sortent en effet de terre. Leur point commun : placer le développement durable, les smart grids (ou réseaux intelligents), les énergies vertes, la mobilité intelligente ou encore les espaces verts au cœur des préoccupations. Ainsi de l’Egypte où, à 45 kilomètres du Caire, est en train de s’élever la nouvelle capitale administrative du pays. Encore dépourvue de nom, cette ville nouvelle bâtie en plein désert devrait accueillir l’ensemble des ministères du pays ainsi que le complexe présidentiel d’ici à la fin du mois de juin 2019.

Destiné à désengorger le Caire et ses plus de 18 millions d’habitants, le projet, d’un montant prévisionnel de 43 milliards d’euros, donnera naissance à la ville « la plus high tech » du pays, selon les autorités égyptiennes. La future métropole, au sein de laquelle résideront et travailleront plus de six millions d’habitants, sera équipée de capteurs détectant et signalant la fumée ou les incendies, ainsi que d’un « système de circulation intelligente », d’un gigantesque espace vert, d’un centre commercial, de quartiers résidentiels, d’un campus scientifique et technique ou encore d’un complexe culturel. Le Français Schneider Electric devrait prendre en charge l’électrification de plusieurs résidences d’habitation, de l’hôtel Almasa, du palais présidentiel et des 34 ministères.

Petit pays d’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso entend lui aussi faire sa smart révolution. Au sud de sa capitale Ouagadougou s’élève d’ores et déjà la ville nouvelle de Yennenga, présentée par ses concepteurs comme la métropole africaine du futur. Ici encore, le savoir faire tricolore sera mis à profit, puisque le cabinet Architecture Studio, pilotant le projet, a choisi de s’entourer d’un consortium d’entreprises parmi lesquelles les Français Beckmann N’Thepé Architectes, Coldefy & Associés Architectes Urbanistes et Hardel + le Bihan Architectes.

« Si notre projet a été retenu, explique au site de FranceInfo l’architecte Widson Monteiro du cabinet Architecture Studio,  (…) c’est pour sa mixité sociale, culturelle, architecturale et son accroche au contexte paysager, géographique, climatique. L’idée était de (faire) une ville mixte et agréable avec toutes sortes d’activités, du logement social, de l’habitat plus haut de gamme, des bureaux, du commerce, etc. Un projet qui pensait à la fois l’eau, l’énergie, l’architecture, les transports, les espaces verts et les usages de ses futurs habitants ».

« Diamniadio, nouveau pôle urbain de Dakar, se veut une réponse à une capitale sénégalaise qui ne respire plus », poursuit l’architecte, mentionnant la ville choisie par les autorités du Sénégal pour décongestionner la métropole des activités économiques et services administratifs. Estimé à plus de 2 milliards d’euros, le projet de smart city sénégalaise comporte une série de bâtiments intelligents à même d’accueillir quelque 10 000 fonctionnaires, un complexe sportif multifonctionnel pouvant recevoir plus de 15 000 spectateurs et un ensemble intégrant espaces résidentiels et bureaux, « Diamniadio Lake City ».

Dakar n’est pas en reste. La capitale sénégalaise vient ainsi de choisir RATP Smart Systems, filiale du groupe de transports en commun francilien créée en 2010 et déjà présente à Alger et Abidjan, pour développer un nouveau système billettique de ses transports publics. Le contrat comprend la digitalisation de la vente, ainsi que la validation et le contrôle des billets pour l’opérateur des bus publics de Dakar et ses sous-traitants. L’objectif : développer « un système de transport intelligent ouvert et interopérable pour les transports réguliers et à la demande du Grand Dakar », selon un communiqué publié par le groupe. Ce « projet vitrine » sera notamment au coeur des Rencontres Afrique – France 2020, consacrées à la ville durable.

Les partenariats public-privé, clés du succès des smart cities

Si les Etats africains sont désormais nombreux à miser sur les smart cities, « les investissements publics ne peuvent seuls les concrétiser. Faire appel au secteur privé qui peut également proposer des projets et les réaliser demeure indispensable. Or, la manière la plus rentable et avantageuse pour les deux parties demeure le partenariat public-privé permettant de développer ensemble des projets modernes et intelligents », explique l’expert Christian Bardon, selon qui « tout le monde est gagnant », à partir du moment où l’on s’accorde sur « les bons créneaux et les idées de projets qui permettent de transformer une ville classique en une ville intelligente ».

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La rédaction1 article

Analyse et questionnements

Il y a décalage entre la définition de smart city et ce qui est fait dans les exemples africains cités : s’agit-il de faire des villes élitistes pour des gens hauts-placés ou de vraiment améliorer le quotidien de tous les Africains ?
Concernant la notion de partenariats publics-privés : le secteur privé a en général plus de liberté d’action que les organismes publics. En quoi ce partenariat est-il vraiment gagnant-gagnant pour les peuples africains ? Quelle est la part de business et de profit dans ces projets ?

Pour aller plus loin...

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ET SI les pays africains limitaient les partenariats avec des entreprises étrangères au profit des savoir-faire locaux ?
ET SI il n’y avait pas de culture globale africaine ?
ET SI l’intelligence n’était pas en ville ?
ET SI la mesure de l’intelligence se résumait à une capacité de traitements de données ?
ET SI il n'y avait pas d'habitant dans les smart cities ?
ET SI on parlait de logique artificielle plutôt que d’intelligence artificielle ?
ET SI les pouvoirs publics avaient les moyens d’améliorer le quotidien des habitants sans devoir recourir aux fonds privés ?
ET SI les citoyens africains étaient actionnaires de leurs smart cities ?
ET SI le siège social de Decathlon s'installait dans une smart city africaine ?

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