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#2050 : « En 2050, l’humain moyen sera Africain »

Publié le 5 février 2019 - Temps de lecture : 2 min -

Résumé

Une vision lucide et optimiste sur les enjeux de l’Afrique en 2050 autour des thèmes : géographie recomposée, d’un autre rapport aux ressources, le souhait d’une invisibilité salvatrice, et des unités politiques nouvelles.

Le podcast #2050 explore tous les futurs chaque semaine. Mobilité, changement climatique, éducation, féminisme : Rebecca Armstrong, qui se définit comme « dealer de futur », imagine le monde de demain en compagnie de ses invités. Pour cet épisode, elle s’entretient avec l’historien, spécialiste de l’Afrique et du panafricanisme Amzat Boukari-Yabara.
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Rebecca Armstrong2 articles

Analyse et questionnements

GEOGRAPHIE
L’Afrique sera un espace dense, les villes ayant grandi et l’intérieur du continent sera “reconquis” (actuellement, l’histoire et le commerce ont placé les grand pôles actuels sur les littoraux): l’économie de l’extraversion (tournée vers l’extérieure) va s’écrouler et se tourner vers l’intérieur africain. L’un des enjeux vitaux du continent est l’accaparement des terres mais d’ici 2050, une prise de conscience collective refusera de brader les terres. Les fleuves africains vont très certainement devenir des espaces vitaux: ils seront des veines du continent. Doivent se poser les questions de la gestion et souveraineté de ces ressources. Les frontières issues du colonialisme seront repensées afin de faciliter la vie des populations et recoudre le tissu africain (ex: Construction d’un pont entre Brazzaville et Kinshasa).

ECONOMIE
La croissance permettra la naissance de bourgeoisies apportant avec elles les questions nouvelles de la lutte des classes.

POLITIQUE
L’Afrique devra penser à des alternatives à la COP 21, COP22 car l’entrée des pays africains révèlent souvent du chantage. Des regroupements de pays naîtront autour de projets plus que par promesse politique. De nouveaux états fonctionneront avec une démocratie participative. La nouvelle génération sera “consciente” avec des idées alternatives et dissidentes permettant de sortir des dictatures et des prises de pouvoir désordonnées par les juntes.

CULTURE
L’Afrique est et sera créative, elle sera le centre des rendez-vous culturels mondiaux où une jeunesse dorée montre une Afrique qui réussit.

DROITS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX
Des pôles seront construits dans les milieux universitaires permettant d’être indépendants des structures humanitaires occidentales. On observera le renversement du “braindrain” (fuite des cerveaux). L’Afrique se recentrera sur elle-même et repensera le droit, avec sa singularité africaine.
L’un des grands combats sera celui des valeurs.

Ces évolutions se feront par le biais d’une révolution lente, au travers d’une majorité consciente avec suffisamment d’endurance pour durer, avec un transfert d’affect notamment avec la diaspora. Cet état d’esprit va s’accélérer et donner naissance à des dynamiques de changements. Ce ne sera pas sans crise mais elles seront à vivre en huis-clos : le salut de l’Afrique passera par l’invisibilisation pour que les capacités locales puissent s’organiser, pour que des espaces “non googlisés” et des espaces de renaissance apparaissent, où la créativité africaine singulière puisse s’exprimer et aussi tester d’autres formes d’échanges économiques et monétaires.

Pour cela, l’historien souhaite une catastrophe numérique et technologique afin de permettre aux Africains de “redescendre sur terre”: l’Afrique ne doit pas suivre ce modèle de (hyper) connexion, de l’instantané. Si l’impérialisme technologique s’effondre, alors il sera possible de “rebâtir un certain nombre de choses, que l’on peut faire mieux sous une autre forme”. C’est aussi un moyen de préserver les ressources naturelles africaines. L’Afrique est le continent qui aujourd’hui résiste le plus à l’intrusion du numérique et de la data. Il faut voir y l’opportunité de revenir à du tangible, des échanges humains, de repenser les rapports à la vie, au temps et sortir de l’illusion de l’urgence.

Pour aller plus loin...

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ET SI l’Afrique était un écosystème qui a besoin d'invisibilité temporaire pour faire émerger des solutions meilleures pour le monde ?
ET SI les solutions techniques green venaient de l’Afrique ?
ET SI on ignorait l’Afrique pour qu’elle se construise ?
ET SI l’Afrique nous aidait à sortir de cette illusion de l’urgence ?
ET SI l’Afrique “colonisait” les pays actuellement “développés” ?
ET SI l’hyperconnexion n’était pas la solution ?

1 Commentaire

  1. Audrey

    Sortir de la logique colonialiste, et aller vers un monde où les échanges se font dans le respect : chacun à quelque chose à apporter à l’autre. Nous parlons de l’Afrique comme d’un grand tout, mais chaque région, chaque pays d’Afrique à ses spécificités, sa culture et sa vision des choses, et les problématiques qui en découlent. Ces pays Africains peuvent nous aider à sortir de cette illusion de l’urgence, et nous en avons grandement besoin.

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